SUN LUTANG
  • Ba Gua Quan

    • Généalogie du Bagua Quan jusqu'à Sun Lu Tang

    Généalogie du Ba Gua Quan (ou Zhang) telle qu'elle est parvenue jusqu'à Sun Lu Tang.

    Quelques faits historiques

    L'art du Bagua Quan est considéré comme le tout dernier art martial dit "interne"... Mais il faut bien comprendre que lorsqu'il s'agit de datation dans les arts martiaux, l'on parle plutôt de révélation au grand public.. ainsi faut il se risquer prudemment à délivrer une date de "création" des arts martiaux, internes ou non.

    L'art du Bagua remonte donc historiquement au personnage de Dong Hai Quan.... Né en 1813 et mort en 1882. Révélé donc selon les différentes sources en 1866, le Bagua a connu un essor immédiat sous l'impulsion des Grands Maîtres qui l'on incarnés, véhiculé, et transmis.

    Dong Hai Quan aurait eu en tout 56 élèves directs, et non pas 12 comme l'attestent certains historiens.

    La particularité de Dong Hai Quan, était de choisir des élèves qui maîtrisaient déjà un art martial, tels que par exemple la Grue Blanche pour le Maître Yin Fu, ou la lutte Mongole pour Cheng Ting Hua...

    Cela a vraisemblablement formé autant de styles que d'élèves, s'appropriant principalement le travail des paumes mères (Mu Zhang) et, bien évidemment, la marche en cercle....

     

     

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    L'art de Dong Hai Chuan

    Selon les faits rapportés par Wong Tun Ken, José Carmona, Liu Jing Ru et certaines connaissances personnelles:

    il faut d'abord noter qu'il existe une variété notable des biographies du maître Dong. D'abord par l'existence des 5 stèles funéraires relatant chacune une biographie différente.

    Ces biographies ont été correctement traduites dans l'ouvrage de Liu Jing Ru "transmission vivante du Bagua Zhang" et méritent qu'on s'y intéresse réellement.

    Nous avons choisi ici de présenter plusieurs éléments qui se recoupent, en prenant la version de Mr Wong Tun Ken comme ossature.

    (Chinese: 董海川; pinyin: Dǒng Hǎichuān)

    Boxeur dont la biographie est disputée par de nombreuses écoles du fait de son obscurantisme... Dong Hai Chuan serait né un 13 octobre 1813 (d'autres citent 1797, ce qui serait plus proche de la réalité) dans la province du Hebei, village de Zhu dans le conté de Wen An. Son véritable nom était Dong Ming Kui.

    il fut connu pour avoir révélé la pratique du Bagua Quan en 1866, la Chine étant alors sous le règne de l'empereur Muzong.

    Passionné par les arts martiaux, la chasse et les bavardages avec ses amis depuis l'enfance, il devient célèbre dans sa province pour ses qualités chevaleresques car il avait à coeur de protéger la veuve et l'orphelin. Dong Hai Chuan quitte toutefois celle-ci , suite à des inondations dans son village.. N'ayant pas souhaité participer aux travaux de reconstruction, il sera réprimandé par sa famille qu'il quittera donc, souhaitant ne revenir qu'une fois reconnu et ayant fait fortune.

    Ayant en tête l'idée de passer des examens impériaux, il se rendit bien vite à l'évidence que ses compétences martiales étaient en dessous des autres concurrents, et entreprit dès lors un voyage à travers la Chine pour améliorer ses compétences et ses habiletés martiales.

    Il défia alors de nombreuses écoles et de nombreux Maîtres pour s'améliorer. Ces maints combats lui valurent de se faire de nombreux amis, d'autres des ennemis et afin de protéger sa famille et son clan, il mua son nom en Dong Hai Chuan...

    Selon certaines sources, toutes différentes, il se rendit d'abord dans le sud de la Chine dans la province du Hebei, du Jiangsu, du Zhejiang et d'An Hui.

    C'est dans les montagnes de Jiu Gong ou Jiu Hua qu'il découvrit un jour deux taoïstes s'affrontant et pratiquant une boxe étrange basée sur la marche en cercle. Changeant constamment de direction et développant leurs techniques sur le cercle même.

    Alors que cette étrange façon de se mouvoir et de boxer aurait pu rebuter Dong, celui-ci s'y intéressa et se prit à observer discrètement les deux protagonistes.

    Bien qu'il eut l'envie de les combattre, il se dissimula d'abord afin d'observer ceux-ci... Mais rapidement débusqué par l'un des deux taoïstes, il fut obligé de se montrer, car il est assez mal vu d'observer en Asie la pratique martiale d'une personne sans son accord ou en cachette.

    Le combat fut inévitable et Dong fut vaincu facilement par cet art qui ne semblait pas suivre les conventions classiques 'linéaires' des autres pratiques chinoises. Il était cependant très heureux d'avoir trouvé enfin ce qu'il cherchait au coeur de ses périgrinations..

    Dong Hai Chuan deviendra l'élève d'un des deux taoïste nommé Bi Cheng Xia ou Bi Deng Xia, de son véritable nom Dong Meng-Lin. Ce maître était alors âgé de quarante ans.

    C'est après 8 ans d'une pratique intensive dans la montagne à apprendre la marche en cercle, le Qigong taoïste et la technique de combat qui allait lui permettre d'élever son niveau martial qui quitta son maître pour réintégrer la société.

    Reprenant son voyage , il s'arrêta dans la ville de Suzhou où il apprit que le maire de la ville projettait d'assassiner le père d'une jeune fille qu'il convoitait. Le soir même, Dong se rendit chez le maire et le tua net, libérant la jeune fille.

    Il fut évidemment dès le lendemain recherché par tout le gouvernement et fut obligé de fuir, en direction du Henan, où il changera de nom.

    A Ba Zhou dans le Hebei, et sa foire, il surprend une brute locale en train de malmener un marchand avec sa bande. La police n'agissant pas car de mèche avec ladite brute, il intervint encore et tua neuf d'entre eux.

    Arrêté et jeté en prison, il fut condamné à mort. Le soir même, il explosa les chaînes qui le retenait et s'évada purement et simplement. C'est toute la province cette fois-ci qui fut à ses trousses (une province est approximativement grande comme une fois la France). Son portrait fut diffusé partout et il retourna dans le Henan à Chen Jia Gou (Berceau natal du Taiji Quan du style Chen) chez son beau-frère Dong Yuo-Huo.

    Quelques mois plus tard, il fut présenté par un des amis de son beau-frère au palais du "quatrième prince héritier", où il devint eunuque.

    Les Taijian, ou eunuques, sont des hommes émasculés qui deviennent serviteur au sein du palais, et il est ici nécessaire de préciser que toute personne devenant eunuque ou prêtre bouddhiste ou taoïste à l'époque voyait ses peines de prison ou ses poursuites pénales en cours, totalement annulées.

    Au cours de la dynastie Qing, cinq catégories d'eunuques existaient : Responsable général, responsable de sélection, secrétaire, messager et enfin serviteur pour les tâches ménagères. et Dong intègrera cette dernière catégorie...

    Muté plus tard au palais du cinquième héritier (Xiao Wang = Jeune empereur), Dong y rencontrera son premier élève, Quan Kai Ting.

    Quan était son voisin et ressentait chez Dong une extraordinaire capacité et se mit à l'observer en secret.

    Un jour en observant à travers un trou qu'il avait creusé, il vit Dong en train de pratiquer le Qigong. Il lui posa immédiatement des questions mais Maître Dong nia connaître quoi que ce fut en art martial.

    Le soir même alors que Dong apportait le plateau de potage et de mets au prince, Quan s'empara d'un sabre et l'attaqua par derrière. Dong esquiva immédiatement en se retournant, et lui assena un coup de pied.

    Alors que Quan fut éjecté, le plateau n'avait pas bougé. Celui-ci se mit alors à genoux et l'implora de le prendre pour disciple. Dong refusa tout net.

    Quan resta alors assis devant la chambre de Dong toute la nuit, se prosternant la tête contre le sol. Donc finit par accepter devant sa détermination. Le portrait dessiné que tous possèdent aujourd'hui fut dessiné par Quan (présenté ici en illustration)

    Un tournant crucial dans la vie de Dong se produisit le jour où le Jeune empereur donna un grand banquet pour montrer le haut niveau dans les arts martiaux de son garde du corps personnel.

    Il invita ce jour là beaucoup de monde, et après le dîner eut liue la démonstration où même les serviteurs furent présents.

    L'on ordonna que le thé soit servi mais l'accès à la grande salle était bouché par le nombre de spectateurs. Dong décida alors de passer pas l'arrière salle en sautant le mur.

    La femme de l'empereur le surprit et on lui demanda des explications. Il en vint à décrire les circonstances qui l'avaient conduit ici même. Comme le prince affectionnait particulièrement les arts martiaux, on lui demanda de faire une petite demonstration.

    Il prit la décision de se montrer à son plus haut niveau de pratique et à son meilleur jour. Sa démonstration dérouta tout le monde et en étonna plus d'un. Le jeune empereur demanda alors à Dong d'essayer de défaire Sha Wei Wei, son garde du corps personnel, en combat.

    Dong accepta et ne laisse aucune chance à celui-ci. Le Xiao Wang fut très enthousiasmé et le nomma chef des eunuques, à la place de Sha.

    C'est à partir de ce moment là que sa notoriété explosa. Beaucoup d'experts vinrent le défier et il en ressortit toujours victorieux. Il finit par devenir célèbre dans la capitale et commença à recevoir quelques élèves, quoiqu'en petit nombre.

    Grâce aux enseignements et aux efforts de Dong et de ses élèves, le Bagua Zhang deviendra rapidement célèbre, non seulement auprès de hauts dignitaires, mais également auprès des simples citoyens.

    Dong n'enseignait jamais directement le Ba Gua Zhang mais commençait par le Luo Han Quan (Une boxe du Shaolin).

    En dehors de ces élèves qui était entrés "dans la chambre du Maître" (ou disciples de la Porte interne), les autres élèves étaient formés par les plus anciens.

    C'est en 1874, au cours de l'année, que Dong demandera à quitter le palais royal étant donné son âge avancé. L'on prétend aussi que ce fut à cause de ses fréquentations et des plaintes reçues que le Xiao Wang le licencia. En effet quotidiennement de nombreuses personnes souhaitaient le rencontrer et parmi elles, certaines fort peu recommandables.

    Il décida alors de vivre chez son gendre Shi Ji-Dong, qui avait épousé sa fille adoptive, celle qu'il avait sauvé en tuant le maire autrefois. C'est ainsi qu'il commença à recevoir beaucoup d'élèves.

    Dong, âgé, se bornait à corriger les élèves et laissait le soin d'enseigner à ses plus anciens élèves, notamment à Cheng Ting-Hua.

     

    Dong Hai Chuan décéda le 15 décembre 1882 à l'âge de 85 ans, de mort naturelle. Cependant, dans son ouvrage "l'histoire secrète de Dong Hai Chuan", Li Zi Ming relate qu'un jour, sa fille adoptive tomba malade. Dong s'inquiétant de sa santé s'en fut consulter le pharmacien. Attendant sa préparation, il s'assit sur la banquette et une femme vint faire de même à côté de lui. Mais par inadvertance, celle-ci s'assit sur la cordelette avec laquelle Dong attachait sa natte.

    Le vieux Maître fut d'abord furieux, puis progressivement s'abbatit et sombra dans la déprime. Les eunuques étaient très superstitieux et il pensait que cet acte allait lui attirer quelque malheur. Il commença depuis ce jour à soupirer sans fin et rien ne put l'apaiser. Il tomba par la suite malade et quitta le monde.

     

    Parmi les élèves principaux de Maître Dong l'on retrouve :

    1. Cheng Ting Hua
    2. Yin Fu
    3. Song Shi Rong
    4. Liu Feng Chun
    5. Ma Wei Qi
    6. Liu De-Kuan
    7. Zhang Zhao Dong
    8. Liang Zheng Pu

     

    Voici comment décrit José Carmona la pratique de Dong Hai Chuan :

    "Fondée sur les déplacements circulaires dits "marche en cercle" (zouquan) ou effectuées dans les huit directions (bafangbu), sa technique se concentre sur les manoeuvres de paumes, notamment le "changement simple de paume" (danhuan zhang) et le "changement double de la paume" (shuanghuan zhang).

    Un enchaînement de huit séries de mouvements exécuté pendant la "marche en cercle", les "8 paumes anciennes" (Lao Bazhang), formalisait l'essentiel de ce enseignement. Par la suite, certains de ses nombreux disciples (on connaît les noms de 56 d'entre eux) enrichirent ce corpus initial de techniques puisées à d'autres sources: Xingyi Quan pour les coups de poings, Tantui et Chuojiao pour les coups de pieds, Shuaijiao pour les projections, etc...

    Aujourd'hui, parmi les nombreuses ramifications de cet art martial, on distingue les styles issus de trois disciples majeurs du Maître:

    1. Cheng Ting Hua (1848-1900)
    2. Yin Fu (1841-1909)
    3. Zhang Zhao Dong (1859-1940)

    Toutefois il existe bien plus de courants et de variantes tels que le Yin Yang Ba Pan Zhang, le Youshen Bagua Zhang (Corps mouvant), le Liaoning Bagua Zhang de Zhong Wei Yi, le Bagua Zhang de la famille Tian, le Wudang Zhang, etc...

    Les armes spécifiques qui complètent la pratique du Bagua Zhang sont les "crochets Ziwu des canards mandarins" (Ziwu Yuanyang Zheng), les "pinceaux du jugement" (Panguan Bi), les épées faucilles (Goulien Jian), les "pointes en griffes de coq" (Ji Zhua Rui), les "roues vent et feu" (Fenghuo Lun) et enfin le sabre long d'1m40 (Dao).

     

     

     

    Dong_haichuan
    La première génération de Maîtres du Bagua Quan

    Il semblerait que ce ne soit que très tardivement que le terme "Zhang" soit employé pour désigner cette boxe circualire, tant sont utilisées les paumes ouvertes (Quan signifiant boxe ou poing, et Zhang signifiant paume).

    Précisons ici que José Carmona , qui a mené une étude relativement sérieuse sur la pluralité des boxes en Chine différencie clairement le Bagua Quan du Bagua Zhang dans son ouvrage " De Shaolin à Wudang".

    En effet pour lui le Bagua Quan serait une boxe des régions du Hebei, et du Shandong pratiquée déjà sous le règne de l'empereur Qianlong (1736-1796 (période de règne)).

    Pendant la période Jiaqing (1796-1821), Liu Yulong, natif de Laoyang dans la province du Hebei, l'étudia auprès de deux professeurs : Guo Luoyun de Guanxian dans le Shandong et Zgang Guang dans le Hebei.

    Voici la partie qui nous intéresse : Le Bagua Quan se caractérise par des techniques directes puissantes relevant du système Chang Quan ("boxe longue" liée aux régions du Nord de la Chine). Il compte 24 formes à mains nues s'exécutant en ligne droite et réparties en trois groupes.

    Ses armes sont le sabre, la lance, les béquilles, l'étoile filante, les doubles crochets, le "Ji" (une lance dont la pointe est flanquée de deux croissants de lune).

     

    La confusion que nous présentons ici provient du fait que Sun Lutang nommait l'art qu'il avait reçu et qu'il enseignait le Bagua Quan également. En atteste le titre de l'ouvrage qu'il a écrit sur le sujet.

    Il faut comprendre que la relation avec les huit trigrammes peut être retracée pour beaucoup de domaines en Chine. Il est donc ici clair que ce qu'évoque Monsieur Carmona est un style de boxe ayant même dénomination que l'art de Sun Lutang, mais aux antipodes, ne serait-ce que par son registre linéaire et ne détenant pas le moindre lien généalogique avec ce que Dong a pu apprendre de son Maître, Bi Deng Xia.

    Le véritable Bagua de Dong Hai Quan se résumait donc à l'apprentissage de la boxe des Luo Han Quan, de l'apprentissage de la marche en cercle, la pratique des "8 paumes anciennes", ou "8 paumes mères", ainsi que les manoeuvres de simple et double changements de paumes.

    Dong Hai Chuan avait pour habitude de n'enseigner non seulement qu'à des gens ayant pratiqué les arts martiaux, mais selon certaines sources, ces mêmes personnes devaient toutes être déjà des Maîtres dans leurs disciplines respectives.

    L'on se figurera bien vite la suite : s'appropriant les principes du Bagua, ces disciples directs y mêlèrent leurs techniques initiales, chacunes issues d'un système martial antérieur.

    L'on retrouvera donc ainsi non pas un Bagua Quan mais DES Bagua Quan, plusieurs boxes des huit trigrammes, mettant l'emphase évidemment sur les principes enseignées par le Maître Dong, mais ajoutant également leurs propres perceptions et influences.

    Ainsi l'on retrouve comme le cite avec exactitude entre autres Mr Wong Tun Ken mais aussi bien d'autres :

     

    • Cheng Ting Hua et le Cheng Ba Gua Zhang:  Bagua influencé de lutte Shuai Jiao et mongole, comportant beaucoup de projections. Les mouvements sont très bas et comportent beaucoup d'ingrédients repris par toutes les écoles : gueule du tigre arrondie, pas dans la boue "Tang Ni Bu", mouvements exécutés sur le cercle, position des mains doigts séparés.. etc. Sun Lu Tang étudiera ce système.
    • Yin Fu et le Yin Ba Gua Zhang: Yin Fu dit " Yin le Maigre" fut l'élève qui resta le plus longtemps avec Dong Hai Chuan, près de 20 années. Il pratiquait la boxe des Luohan de Shaolin et le Tan Tui (d'autres soutiennent qu'il aimait également à pratiquer le style de la Grue Blanche). Ses techniques sont variées et nombreuses à cause des ajouts que ses élèves ont produit. On retrouve dans son Bagua des piques et des accélérations classiques des boxes externes liées au Shaolin. Le déploiement de la force est donc de type "Ciel postérieur", c'est à dire sec, vif, net et ferme. Les déplacements suivent parfois des mouvements rectilignes.La marche est normale, mais plus rapide que dans les autres styles. Une des caractéristiques majeures de son Bagua est l'agencement de la paume en "langue de boeuf" où les doigts sont solidarisés, le pouce replié, et contre la paume, exactement comme dans les styles de Shaolin.
    • Fan Zhi Yong et le Fan Ba Gua Zhang: Surnommé "Fan le Fou", il pratiqua avec Dong Hai Chuan. Sa forme de tranchant de la paume est en "tuile ronde". Il a lui aussi avant de découvrir le Bagua, pratiqué les styles de Shaolin dont le Tantui (Jambes élastiques ou fouettantes). La marche se déroule principalement en triangle, les mouvements sont serrés, légers et rapides et souvent se déploient dans les huit directions ou entre les neuf palais. Pour Fan, la marche en cercle, bien qu'importante reste secondaire, ce qui le différencia très nettement des autres styles. Du fait de ses tendances conservatrices, il n'eut que peu d'élèves.
    • Liang Zheng Pu et le Liang Ba Gua Zhang: Elève de Dong Hai Chuan, Liang Zheng Pu avait pratiqué la boxe "Tan Tui" depuis l'âge de 7 ans. En 1876, il se rend à Pékin et confectionne des vêtements , ce qui lui vaudra le sobriquet de "Liang le Frippier". Ses techniques déploient leur force essentiellement derrière ou sur le côté de l'adversaire. Cette lignée fut semble-t-il développée à Pékin par deux de ses élèves principaux : Li Zi-Ming et Guo Gu-Ming. On y trouve encore aujourd'hui le Maître expert Ma Chuan Xu.
    • Liu Feng Chun et le Liu Ba Gua Zhang : Liu Feng-Chun fut l'élève de Dong hai Chuan, mais surtout de Cheng Ting Hua. Ses techniques sont simples, épurées et efficaces, toutes orientées vers le combat. Ce courant s'est surtout développé dans la province du Hebei.
    • Zhang Zhao Dong ( ou Zhang Zhan Kui) et le Xing Yi Ba Gua Zhang: Zhang Zhao-Dong, élève de Dong Hai Chuan, associa la puissance du Xing Yi Quan et de ses Fajin (Boxe de la forme et de l'intention) qu'il détenait de Liu Qilan, au Bagua qu'il détenait de Dong hai Chuan. Il fut introduit auprès de Liu Qilan par le Maître Li Cun Yi. Il enseigna à Tianjin et à Shanghaï. Son Bagua est l'un des plus pratiqué avec ceux de Yin Fu et et de Cheng Ting Hua. Ses mouvements sont très ouverts et étendus, ils comportent de nombreuses manifestations de puissance explosive (Fajin).

     

    • Rappelons que cette liste présente les élèves de la première génération de Bagua après Dong Hai Chuan. Elle ne figure en aucun cas la totalité des lignées de Bagua actuelles. Après l'étude de la seconde et troisième génération, voire quatrième, nous aurons approximativement fait le tour de la majorité des lignées.

     

    Retenons comme noms pour la première génération:

     

    1. Cheng Ting Hua
    2. Yin Fu
    3. Zhang Zhao Dong
    4. Liang Zheng Pu
    5. Liu Feng Chun
    6. Liu De Kuan
    7. Fan Zhi Yong
    8. Quan Kai Ding
    9. Yin de An
    10. Wei Ji
    11. Wang Li De
    12. Ruan Ge Zhen
    13. Liu Bao Zheng
    14. Cao Yi Sheng
    15. Gu Feng Ming
    16. Li Cun Yi
    17. Cheng Dian Hua
    18. Song Shi Rong
    19. Song Chang Rong
    20. Ma Weiqi
    21. Song Yong Xiang
    22. Shi Ji Dong

     

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    La seconde génération des Maîtres du Bagua Quan

     

    Cette génération, forte du mûrissement de l'étude de la première, produisit également de nombreuses autres lignées, telles que :

     

    • Sun Lutang ou Sun Fuquan et le Sun Shi Ba Gua Quan: Elève de Cheng Ting Hua, il atteindra la quintessence de l'art du Bagua rapidement grâce notamment aux connivences entre les écoles de Xing Yi Quan et de Bagua Quan. Cheng Ting Hua l'enverra par la suite au coeur des monts Emei étudier le Yijing. Ce qu'il fera après s'être marié. Il en reviendra en apportant des changements profonds à son Gong Fu du Ba Gua : une idée très spirituelle du Bagua et alchimique. Les rapports entre le Bagua et le Yijing depuis son oeuvre se sont renforcés et il est aussi bon de noter qu'il établit des rapports avec la médecine du Yijing qui ne sont pas les mêmes que ceux habituellement employés par les autres écoles. Ses formes sont simples, épurées, sans extravagances et s'apparentent aux Huit animaux.
    • Gong Bao Tian et le Qian Ku Ba Gua Zhang: Elève de Yin Fu, il popularisa grandement ce style et y ajouta sa touche personnelle. On le retrouve parfois sous le nom de Bagua impérial. Il enseigna dans la province de Liaoning et eut pour disciple Sun Ru Wen qui transmit lui-même le Ba gua à Huang Shi Chen. Il débuta donc son apprentissage auprès de Yin Fu en 1882 et avait trois techniques particulières: "la marche sur le bord du panier", "saisir l'oiseau en vol", et "réduire le lupin en poudre dans la paume serrée". Il fut enseignant dans l'équipe de Wushu militaire, puis à la fin de sa vie, s'en retourna dans sa province natale pour y enseigner le Bagua Zhang.
    • Ren Zhi Cheng et le Yin Yang Ba Pan Zhang: Auteur d'ouvrages à propos du fameux Ba Pan Zhang qui se réclame lui aussi de l'école de Yin Fu. Les mouvements sont extrêmement agiles et souples, s'apparentant au singe. Les circonvolutions y sont nombreuses et variées, poussées à leurs maximum. La marche est classique mais rapide et les mouvements sont très vifs. Les séries sont peu nombreuses. Il enseigna dans la province du Hebei.
    • Xiao Hai Bo et le Xiao Ba Gua Zhang et le Yin Yang Ba Pan Zhang également : Fait absolument normal puisque le Ba Pan Zhang proviendrait de du Maître commun de Ren Zhi Cheng et de Xiao Hai Bo : Liu Bao Zhen. Bien que certains affirment qu'il se soit développé complètement indépendament de Dong Hai Chuan par Dong Linmeng (Bi Deng Xia , le Maître de Dong Hai Chuan!), l'historien actuel Kang Gewu prouva par ses recherches le contraire. Xiao Hai Bo enseigna surtout à Tianjin.
    • Jiang Rong Qiao et le Jiang Ba Gua Zhang: Elève de Zhang Zhao Dong, de Cheng Ting Hua et de Li Jing Lin, qui fut un célèbre général épéiste, détenteur de la lignée de l'épée du Wudang. Il créa son propre style à partir des enseignements de Zhang Zhao Dong et écrit de nombreux ouvrages sur le sujet, dont un sur la supposée forme originelle du Bagua Zhang. Il laissa aussi de très bons écrits sur le Xing Yi Quan. Son style est simple et épuré et revient souvent sur les bases des changements simples et double de paumes. Il étudia également le Xing Yi Quan avec le Maître Li Cun Yi. Il enseigna au centre national du Wushu. Il y fréquenta de nombreux experts et y apprit de nombreuses pratiques et techniques de styles différents, puis forma un nouveau courant de Bagua Zhang. Positions larges, corps vrillé et vivant, comme le corps d'un dragon. Il enseigna surtout à Shanghaï.
    • Shi Li Qing et le Shi Ba Gua Zhang: Shi Li Qing fut le neveu et élève de Shi Ji Dong, le gendre et disciple de Dong Hai Chuan. Il eut pour disciple le moine Fu Yuan et celui-ci transmit ses connaissances à Di Zhao-Long. Di Zhao long popularisa son enseignement dans la province du Jiang Su et dans celles avoisinantes. Dans la marche du Bagua, la position de sa main est celle dite du "tir à l'arc".
    • Fu Zhen Song et le Fu Ba Gua Zhang: Disciple de Qu Shi-Shan, Fu Zhen Song mélange dans ses mouvements le dur et le souple. Ses changements sont très vivants comme les déplacements d'un Dragon. Il cré le Tui Shou (techniques à deux de poussées des mains) du Bagua Zhang et enseigna majoritairement dans le sud, dans la province du Guang Dong.
    • Gao Yi Sheng et le Gao Ba Gua Zhang: Il commença enfant la pratique du Da Hong Quan (La grande boxe de la famille Hong).Gao Yi Sheng peut-être cité ici en raison de son premier professeur de Bagua Zhang : Song Chang Rong qui était disciple direct de Dong Hai Chuan, et les affinités qu'il allait avoir avec Cheng Ting Hua. Ce premier professeur (Song) refusa de lui en apprendre plus au terme de 3 ans de pratique de la marche en cercle et du simple changement de paume. il changea donc de professeur et trouva un élève très talentueux de Cheng Ting Hua, Zhou Yu Xiang. il croisa les paumes avec lui et perdit 3 fois. Il souhaita que Zhou l'enseigne mais celui-ci , devant l'écart d'âge trop peu important, l'introduisit auprès de Cheng Ting Hua, qui le prit pour élève de temps en temps pendant 4 ans jusqu'à sa mort, bien qu'il reçut sa formation intégrale de la part de Zhou Yu Xiang, qu'il accompagnait partout dans ses périples. Après 6 ans de pratique intense, il enseigna le style Cheng de Bagua. Puis entre 1902 et 1911, il apprit le style de Li Cun Yi de Xing Yi Quan avec celui-ci. Par la suite il fonda son style le Gao Bagua Zhang et s'installa dans sa province du Shandong à Da Shan. Il déménagea plus tard au village de Yang, conté de Wu Ching dans la province du Hebei, non loin de Tianjin, ville grouillante de violence et de délinquance où nombre d'artistes martiaux s'établirent. En 1942, (à l'âge de 76 ans!) il rencontra un Maître de Taiji qu'il affronta et qu'il tua par blessures au bout de 3 jours. Il dû s'enfuir de Tianjin et n'y revint jamais en se réfugiant à l'arrière d'une pharmacie du conté de Wu Ching où il finit ses jours.

    A noter d'autres Maîtres célèbres tels que :

     

    1. Wang Shu Jin :, Maître ayant étudié avec Zhang Zhao Dong, et Wang Xiang Zhaï.
    2. Chen Pan Ling : qui peut être associé soit à la seconde génération car il étudia avec Liu Feng Chun (1ère génération) soit à la troisième car il étudia avec Chen Hai Ting et Tung Lien Chi (2ème génération).
    3. Li Zi Ming : Maître taoïste ésotérique ayant étudié sous Liang le frippier. Son Ba Gua était très particulier et naturel. Il fut un très grand expert dont on peut encore voir des vidéos très intéressantes qui circulent librement. Il enseigna au Japon, mais de façon assez secrète.
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    La troisième génération de Maîtres du Bagua Quan

    Nous voici donc à la troisième génération de Maîtres du Bagua Zhang qui contient encore des influences majeures très développées dans la pratique telle que nous la connaissons aujourd'hui.

    Plusieurs de ces Maîtres connurent la possibilité d'être associés à la fois à la seconde génération et à la troisième , souvent présentés à la première génération au terme des possibilités que la seconde offrait...

    Voici quelques uns de ces Maîtres :

     

    • Chen Pan Ling : Qui étudia avec les Maitres Liu Feng Chun, mais aussi avec Chen Hai Ting, un des élèves de Cheng Ting Hua. Son Bagua est donc hérité du style Cheng. L'on y trouve de curieuses ressemblances avec le style Sun, dont le Maître Chen Pan Ling était profondément influencé, tant par le Xing Yi que par le Bagua. L'on trouve des connivences telles que le pas se développant naturellement, talon en premier, ou dans le Xing Yi, l'agencement du bois immédiatement après le métal, alors que les écoles classiques y placent l'eau. Immigré à Tai Zhong (Taichung en Taïwanais) sur l'île de Taïwan, il popularisa grandement son enseignement là bas. Son fils y perpétue sa pratique à l'heure actuelle. Ingénieur en techniques hydrauliques, il est aussi célèbre pour ses travaux de recherche et son association des arts internes l'ayant conduit à fonder un style de Taiji Quan en 99 postures. Il sera aussi influencé par des rapports avec un autre Maître célèbre qui deviendra son ami et avec qui il échangera des pratiques : Wang Shu Jin.
    • Wang Shu Jin: Véritable char d'assault de 140 kilos, Wang Shu Jin se déplacait comme s'il en faisait 50. Ses nombreuses vidéos démontrèrent ses capacités uniques à se mouvoir. Il fut lui aussi très influencé par les écrits de Sun Lutang qu'il admirait beaucoup.  De nombreux occidentaux ont travaillé avec lui et son enseignement reste très vivace sur l'île de Formose. Il relèvera de nombreux défis en tant que combattant. Il étudia avec Zhang Zhao Dong qui lui conféra son Xing Yi Quan ainsi que son Bagua Zhang... Plus tard il rencontrera Chen Pan Ling qui lui transmettra son Taiji Quan en 99 postures. Il y  incorporera plusieurs de ses éléments martiaux personnels tout en gardant globalement intacte la forme de Chen Pan Ling. Cette forme, qu'il introduira au Japon, deviendra le Zheng Zong Taiji Quan (Forme de synthèse des styles authentiques). Wang Fulai lui succèdera à la tête de l'école Chen Ming.
    • Chang Chun Feng: Si l'on considère Gao Yi Sheng comme faisant parti de la seconde génération alors Chang Chun Feng fait parti de la troisième. En 1948, il, suivant Jiang Jieshi (Tchang Kaï-Chek). Chang Chun Feng étudia d'abord le Bagua auprès de Gao Yi Sheng. Par la suite il étudiera avec Li Cun Yi le Xing Yi Quan et surtout avec son fils, Li Bin Tang, le Maître Li étant déjà âgé. Conjointement il étudiera le style Hao de Taiji Quan (du Maître Hao Weizhen, le maître de Sun Lutang). Après son départ sur Taipei, il défit nombre de pratiquants qui tentèrent de lui faire mordre la poussière. Sortant victorieux, il acquis une petite réputation et les trois frères Hung de Taïwan firent partie du premier groupe qui souhaita apprendre avec lui. Il fut un grand ami de Wang Shu Jin avec qui il collabora concernant les recherches sur le Xing Yi Quan et le Bagua, partageant également la même religion (Yi Kuan Dao).
    • Gao Yi Sheng et le Gao Ba Gua Zhang: (à ne pas confondre avec Cao Yi Sheng qui fut disciple direct de Dong Hai Chuan) était un personnage très important du système du Bagua Zhang, et popularisa son style au point d'en faire l'une des méthodes les plus connues aujourd'hui. Sa méthode incorpore des éléments de Xing Yi Quan de Li Cun Yi et du Bagua du style Cheng. Tout comme les deux précédents, il peut être assimilé à la seconde et à la troisième génération. Sa courte biographie est donnée dans le contenu précédent.
    • Wong Zhuang Fei et le Ji Bagua Zhang: Il fut enseigné par Gong Bao Tian, un élève de Yin Fu. Son style est sujet à beaucoup de discussions aujourd'hui, souvent appelé le Bagua du Dragon Impérial. Bien que certains le décrivent ainsi, d'autres soutiennent qu'il n'y a pas de style de Wong Zhuang Fei, car ce qu'il enseignait n'était autre que le Bagua Originel. Toutefois l'on dit également que son style est le Bagua du poulet, et que son déplacement demeure dans le style du coq. Il y a 64 séries ( 8 changements subdivisés en 8 séries) ainsi que deux formes.
    • Chu Gui Ting et le Long Xing Bagua Zhang: Elève de Cheng De-Lu, disciple de Liang Zheng-Pu, Chu Gui Ting enseigna principalement à Shanghaï. Il enseigna à Wong Tun Ken, un des experts vivant sur Paris à l'heure actuelle.
    • Wu Jun Zhang et le Wu Bagua Zhang: Elève de Han Fu-Shun, Wu Jun-Zhang débuta le Bagua par les techniques de combat, puis plus tard, alla étudier la théorie auprès de Liu De Kuan qui éleva son niveau de pratique. Il enseigna au Centre National du Wu Shu. Son écola comporte 64 séries. Jian Xun Pei (Qui enseignera à l'expert Kunlin Zhang à l'heure actuelle sur Paris) et Lin Sui, ses deux disciples, transmirent son enseignement respectivement dans les provinces du Yunnan et du Fujian.